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(Monique Andrée Serf) Celle qui tendait les bras, celle qui aimait si fort Mais qui ne le savait pas qu'aimer encore et encore Ça vous brûle, ça vous damne. Celle-là qui, les yeux clairs, marchait les bras grands ouverts Et qui voulait tout donner et tout prendre. Celle-là s'en est allée, le cœur, d'amour, éclaté Les bras fourmis de s'éteindre et d'attendre... Fut-elle innocence ? Fut-elle démence ? Qui donc le saura jamais, qui donc le saura jamais ? Elle jouait, toute enfant, déjà, d'attraper le vent dedans ses bras frêles Mais elle ne retenait rien, le vent, ça va et ça vient, et c'est infidèle. Elle découvrit la mer, la garce lui fit son œil vert en robe d'écume Elle se jeta dedans, ses cheveux blonds s'emmêlant aux reflets de lune Puis elle voulut aussi voler un morceau de nuit Qu'elle pensait, éblouie, tenir tout contre elle Mais revint le cœur chagrin, l'eau, ça vous glisse des mains. La nuit, ça va et ça vient, et c'est infidèle. Fut-elle innocence ? Fut-elle démence ? Qui donc le saura jamais, qui donc le saura jamais ? On a crié "c'est assez, de vouloir t'écarteler À donner, à prendre, à vouloir donner ton sang À te brûler tant et tant, tu deviendras cendre !" Elle ne répondait rien, elle espérait quand soudain, on se le rappelle Comme l'hiver était venu Un homme lui est apparu qui marchait vers elle. Elle lui ouvrit les bras, et l'homme s'y réchauffa La caressa tant et tant qu'elle en devint belle. Ce fut, la nuit et le jour, le temps des chaudes amours Et l'homme restait toujours, il était fidèle. Innocence ou démence ? Qui donc le saura jamais, qui donc le saura jamais ? Puis l'hiver a disparu, les oiseaux sont revenus, il a dit "écoute J'entends les arbres craquer ! La forêt s'est réveillée, je reprends ma route !" Alors, elle tendit le bras, ce fut la dernière fois Et son couteau se planta dedans l'infidèle. Puis calme, elle se coucha, c'est ainsi qu'on la trouva Morte, dans le petit jour, d'avoir trop aimé d'amour. Fut-elle innocence ? Fut-elle démence ? Elle est morte désormais, nul ne le saura jamais. Elle est morte au petit jour, d'avoir trop aimé d'amour... |