|
Lyric provided by www.seekalyric.com |
Tout est affaire de décor, changer de lit, changer de corps À quoi bon puisque c'est encore, moi qui moi-même me trahis Moi qui me traîne et m'éparpille et mon ombre se déshabille Dans les bras semblables des filles où j'ai cru trouver un pays Cœur léger, cœur changeant, cœur lourd, le temps de rêver est bien court Que faut-il faire de mes jours ? Que faut-il faire de mes nuits ? Je n'avais amour, ni demeure, nulle part où je vive ou meure Je passais comme la rumeur, je m'endormais comme le bruit Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Et leurs baisers, au loin, les suivent C'était un temps déraisonnable, on avait mis les morts à table On faisait des châteaux de sable, on prenait les loups pour des chiens Tout changeait de pôle et d'épaule, la pièce était-elle ou non drôle Moi si j'y tenais mal mon rôle, c'était de n'y comprendre rien Dans le quartier Hohenzollern, entre la Sarre et les casernes Comme les fleurs de la luzerne fleurissaient les seins de Lola Elle avait un coeur d'hirondelle sur le canapé du bordel Je venais m'allonger près d'elle dans les hoquets du pianola Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Et leurs baisers, au loin, les suivent Le ciel était gris de nuages, il y volait des oies sauvages Qui criaient la mort au passage au-dessus des maisons des quais Je les voyais par la fenêtre, leur chant triste entrait dans mon être Et je croyais y reconnaître du Rainer Maria Rilke Elle était brune et pourtant blanche Ses cheveux tombaient sur ses hanches Et la semaine et le dimanche, elle ouvrait à tous ses bras nus Elle avait des yeux de faïence et travaillait avec vaillance Pour un artilleur de Mayence qui n'en est jamais revenu Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Et leurs baisers, au loin, les suivent Il est d'autres soldats en ville et la nuit, montent les civils Remets du Rimmel à tes cils, Lola, qui t'en iras bientôt Encore un verre de liqueur, ce fut en avril à cinq heures Au petit jour que dans ton cœur, un dragon plongea son couteau Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Et leurs baisers, au loin, les suivent comme des soleils héroïques. |