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(Germain Gauthier/Luc Plamondon) Vous traversez en ce moment une zone de turbulences. Venez me voir hebdomadairement sur rendez-vous, de préférence. Étendez-vous, détendez-vous, dites-moi ce qui vous tracasse. Défoulez-vous, délivrez-vous de toutes ces choses qui vous angoissent. L'autre jour, à mon bureau, j'ai failli prendre un couteau Le planter dans le dos d'une sténo-dactylo Qui ne m'avait pourtant rien fait, excepté qu'elle passait Ses journées à rêver au lieu de travailler. J'ai toujours été une femme impulsive Mais pas au point d'être agressive. Agressive, et lascive par-dessus le marché. Vous traversez en ce moment une zone de turbulences. Venez me voir un peu plus souvent. Appelez-moi la nuit en cas d'urgence. Délassez-vous, déchaussez-vous, dites-moi d'où vient le stress. Éloignez-vous, détournez-vous de tous ces gens qui vous agressent. Hier encore, au supermarché, en plein milieu d'une allée Pendant que j'hésitais entre deux marques de spaghetti J'ai eu soudain comme une envie, une envie insensée De sauter sur le caissier et de le déshabiller. J'ai toujours aimé les grands blonds frisés Mais pas au point d'être obsédée. Arrêtez, arrêter vous allez vous exciter. Vous traversez en ce moment une zone de turbulences. Il n'y a pas de médicament, c'est cinquante dollars la séance. Étendez-vous, détendez-vous, dites-moi ce qui vous détraque. Débattez-vous, défendez-vous contre ces monstres qui vous attaquent. Certains soirs, quand je fais ma vaisselle, il me pousse des ailes. Je passe à travers la fenêtre, je m'envole dans les nuages Et j'atterris sur une plage où je croise des êtres Qui ne sont ni des hommes ni des femmes et n'en font pas un drame. J'ai toujours été un peu mélangée, mais pas au point d'être dérangée. Dérangée mais voyons, vous exagérez. Vous traversez en ce moment une zone de turbulences. |