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(Georges Moustaki/Émile Noël) J'ai la méninge qui fleurit, la nature m'a tout appris, je suis poète. Ma fortune est bien entendu Comme un beau jardin suspendu dans ma tête. Pas de mémoire des myosotis Souvent, mon araignée en tissant sa toile Fait un hamac pour ma pensée Qui de là, rêvant d'odyssée, met les voiles. Quand je m'embarque au grand bonheur Je peux tout dire avec des fleurs de méninges. Pour étourdir la midinette Pas besoin de roses ni de pâquerettes au smoking. Suffit, pour être ensorceleur De savoir faire pousser les fleurs de méninges. Je ne cultive pas le souci Mais je me rends vite à merci quand je cueille Les plus douces pensées d'amour Et la marguerite alentour que j'effeuille. Des fleurs poussées par ma passion Je fais éclore sans aversion sur le bitume Tout un parterre enjuponé, de belles-de-nuit dès que le néon s'allume. Quand je joue au bel oiseleur Je peux tout prendre avec des fleurs de méninges. Pour m'en aller conter fleurette Pas besoin de roses ni de pâquerettes au dancing. Suffit pour ce gentil labeur De savoir faire pousser les fleurs de méninges. Je pense trop et je suis trop beau Pour faire de vieux os de barbeau, je m'en flatte. Tranquille j'attends qu'un voyou Comme pour me guérir du mildiou me sulfate. Ou bien qu'on me plante au surin Sur le ventre, un joli jardin, qu'on me vaccine ! Bref, qu'on m'envoie, sans mon faire-part Grignoter les pissenlits par la racine ! Quand je m'embarquerai pour ailleurs Tout sera dit en quelques fleurs de méninges. Pour m'en aller aux oubliettes Pas besoin de roses ni de pâquerettes, ni de méninges. Pas besoin non plus d'orchidées, mais d'un simple bouquet d'idées. Suffira de verser quelques pleurs Pour arroser vos propres fleurs de méninges. |