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(Gilbert Bécaud/Pierre Delanoë) On était deux cents à l'enterrement de Cornélius N'en manquait pas un des vieux copains de Cornélius. Habillés de blanc pour l'enterrement de Cornélius Le soleil cognait, joli mois de mai, pour Cornélius. Au bord du trottoir, une bande de bavards s'était rassemblée pour voir Et c'est le laitier qui avait prêté son chariot pour l'emporter. Couché près de lui, on avait mis son saxophone. La veuve pleurait, les gosses mâchaient des chewing-gums. Pour le déposer sur le chariot où l'attendait sa place Les copains l'ont chargé sur le dos comme une contrebasse. C'est à ce moment qu'les instruments s'sont mis à jouer À jouer en chemin tous les refrains du trépassé. On est parti sur le chemin, plein de pierres, de trous, plein de chagrin Qui conduisait au cimetière, oh oh, au cimetière. Le défilé s'augmentait sans fin, les enfants attirés par la musique Et les vieillards qui ne pouvaient plus rien regardaient passer le défunt. Les lèvres desséchées par la poussière On s'est arrêté pour boire dans la montée. On est arrivé enfin au cimetière, le chariot nous y attendait. Quand on a mis Cornélius dans la terre Son saxophone brillait tout près de lui Et le pasteur, alors, nous a fait taire En chantant son De profundis, en chantant son De profundis. Et l'on est reparti sur le chemin Plein de pierres, de trous, plein de chagrin Qui revenait du cimetière, oh oh, du cimetière. La veuve qui ne pouvait plus marcher Est r'descendue sur le char du laitier Et nous, on a continué de jouer et de boire sans nous arrêter. On a bu, on a bu toute la nuit dans la maison de la veuve endormie Tant et si bien qu'au lever de l'aurore Cornélius pour nous n'était plus mort ! Cornélius pour nous n'était plus mort ! On était deux cents à l'enterrement de Cornélius. N'en manquait pas un des vieux copains de Cornélius. Quel bel enterrement que l'enterrement de Cornélius ! Quand j'quitterai la Terre, j'veux qu'on m'enterre comme Cornélius ! |