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(Gilbert Bécaud/Maurice Vidalin) T'as pas lavé tes mains, qu'est-ce que t'as, t'as pas faim ? T'as pas embrassé ta mère, t'as pas salué ton père Dis à ton frère qu'il arrête de faire couler tant d'eau. On peut toujours causer, on peut toujours d'mander. T'écoutes pas, ne réponds pas ou bien réponds comme ça à côté Toujours la tête de l'aut' côté. De l'aut' côté, de l'aut' côté, de l'aut' côté d'la rivière. T'as pas fini d'souper, t'as l'feu à tes souliers ? Bon, tu sors, mets au moins ton manteau, pis' écoute-moi Ca saign'ra si tu vas regarder d'l'aut' côté. De l'aut' côté, de l'aut' côté, de l'aut' côté d'la rivière. Y'a des moments, vraiment, où j'le frapperais, c't'enfant. Il s'lève matin, travaille, ramène sa paye Pas d'femelle, pas d'alcool, mais cet' Bon Dieu d'idée de passer. De l'aut' côté, de l'aut' côté, de l'aut' côté d'la rivière. À c'qu'il croit, y'a que des sam'dis là-bas. C'qu'il croit, y'a des maisons bleues là-bas Et puis p'têt' la fille du roi qu'attend, qu'attend quoi ? À c'qui croit, on est des lourdauds chez nous. C'qu'il croit, on rêve en sabots chez nous Et puis qu'il est trop Monsieur pour nous, et puis... Je me fais du souci, j'ai eu quinze ans aussi Et j'y ai bu aussi à cet' Bon Dieu d'rivière. Qu'en a tellement bouffé des p'tits gars Qu'ont voulu traverser... traverser... La mère, on va s'coucher ou, p'têt' un p'tit café Car commm' j'te vois v'nir toi, je sais que tu vas pleurnailler Tant qu'il s'ra pas là-haut à dormir tranquille. N'empêche qu'un soir, s'en ira, c'est comme ça, c'est mon fils. Il pass'ra là où j'aurais dû passer De l'aut' côté, du bon côté, de son côté d'la rivière. |