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(Adolph Spahn) adaptation française Henri Christiné/Alexandre Trébitsch

Le samedi soir après l'turbin, l'ouvrier parisien
Dit à sa femme "Comme dessert, j'te paie l'café-concert !
On va filer, bras dessus bras dessous, aux galeries à vingt sous.
Mets vite une robe ! Faut te dépêcher pour être bien placé.
Car il faut, mon coco, entendre tous les cabots !

Viens poupoule, viens poupoule, viens !
Quand j'entends des chansons, ça me rend tout polisson, ah !
Viens poupoule, viens poupoule, viens !
Souviens-toi que c'est comme ça que je suis devenu papa."

Un petit tableau bien épatant quand arrive le printemps.
C'est d'observer le charivari des environs de Paris
Dans les guinguettes au bord de l'eau, au son d'un vieux piano
On voit danser les petits joyeux, criant à qui mieux mieux...
"Hé le piano ! Tu joues faux ! Ça n'fait rien, mon petit coco.

Viens poupoule, viens poupoule, viens !
Ce soir je t'emmène... Où ? À la Cabane Bambou, hou !
Viens poupoule, viens poupoule, viens !
Et l'on danse plein d'entrain la "polka des trottins" !"

Avec sa femme, un brave agent, un soir, rentrait gaiement
Quand tout à coup, jugez un peu, on entend des coups de feu.
C'était messieurs les bons apaches, pour se donner du panache
Qui s'envoyaient quelques pruneaux et jouaient du couteau.
Le brave agent, indulgent, dit à sa femme tranquillement...

"Viens poupoule, viens poupoule, viens !
Pourquoi les déranger ? Ça pourrait les fâcher, ah !
Viens poupoule, viens poupoule, viens !
Ne te mets pas en émoi ! Ils se tueront bien sans moi !"

Deux vieux époux, tout tremblotants, marient leurs petits enfants
Après le bal, vers les minuit, la bonne vieille dit
À sa petit fille tombant de sommeil "Je vais te donner les conseils
Qu'on donne toujours aux jeunes mariés !"
Mais le grand-père plein de gaieté
Dit doucement "Bonne maman ! Laisse donc ces deux enfants !

Viens poupoule, viens poupoule, viens !
Les petits polissons n'ont pas besoin de leçons, ah !
Viens poupoule, viens poupoule, viens !
Je suis bien certain, ma foi, qu'ils en savent plus que toi !"

Les jeunes mariés très amoureux viennent de rentrer chez eux
Dans leur gentil petit entresol, ils crient "Enfin seuls !"
Madame se met vite à ranger sa petite fleur d'oranger
Pendant que Monsieur, bien tendrement, dit amoureusement
Pour tâcher de s'épancher, montrant la chambre à coucher...

Viens poupoule, viens poupoule, viens !
Les verrous sont tirés, on pourra se détirer, ah !
Viens poupoule, viens poupoule, viens !
Viens chanter, mon coco, la chanson des bécots !"

Un député, tout frais nommé, invitait sa moitié
À venir entendre un grand discours qu'il prononçait le même jour
Mais à peine a-t-il commencé qu'on lui crie "C'est assez !
Constitution ! Dissolution ! Pas d'interpellation !"
Ahuri, abruti, il prend son chapeau et dit...

"Viens poupoule, viens poupoule, viens !
Je ne veux pas devenir sourd pour vingt-cinq francs par jour, ah !
Viens poupoule, viens poupoule, viens !
C'est bien assez, ma foi, d'être attrapé par toi."