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Pour l'instant, je ne fais que ce qui leur plaît. Pour l'instant, je ne fais que ce que bon leur semble. Quand on est nouveau dans le métier. Mieux vaut pas trop qu'on vous entende. Pour l'instant, le meilleur système pour avancer Est celui de la vipère la salamandre. Du sang-froid, du venin, des morsures bien ficelées. Pour chaque jour, avoir de la viande froide à étendre. Pour l'instant, à genoux, j'ai peut-être l'air niais Mais debout, moi, pour l'instant je tangue. Il me faut encore connaître les ficelles du métier De quelle façon, de quelle manière on égorge, on étrangle. Tout ce qui peut sur votre route se trouver Et qu'il faut supprimer sans que la main ne tremble. Pour l'instant, je ne suis peut-être qu'un laquais Un assistant de l'assemblée, un valet de chambre. Pour l'instant, je taille des haies. Pour l'instant, j'arrondis les angles. Pour l'instant, je courbe l'échine, pour l'instant, j'en avale ma langue. Pour un jour, planter son étendard au sommet Chaque bastion, chaque citadelle est bonne à prendre. Guérillas, guerres d'usure ou de tranchées Tous les moyens sont bons pour s'étendre. Pour se les faire, il ne faut surtout pas rêver. Pour se les faire, il ne faut surtout pas être tendre. Juste quelques petites années à patienter. En politique, il faut savoir, il faut savoir attendre. De la mairie au ministère, à l'assemblée C'est un boulot de longue haleine, de longue attente. Pour enfin, un jour, au beau milieu des mondanités À leurs bonnes femmes, faire les yeux tendres Et de leur amour-propre, de leur vanité En quelques mots, en faire un tas de cendres Et du plus lâche, du plus servile, du plus mauvais J'en ferai mon assistant et peut-être mon gendre. Pour l'instant, je taille des haies. Pour l'instant, j'arrondis les angles. Pour l'instant, je courbe l'échine, pour l'instant, j'en avale ma langue. |