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(Bobby Russell) adaptation française Michel Jourdan Tous les arbres sont en fleurs et la forêt a ces couleurs que tu aimais. Les pommiers roses sur fond bleu Ont le parfum des jours heureux, rien n'a changé. Un peu de neige est restée, la neige que tu enlevais, je m'en souviens. En m'éveillant, je ne voyais Que le printemps qui grandissait dans notre jardin. Tu riais comme un enfant Tu ne faisais jamais semblant lorsque tu riais. Quand tes yeux clairs me regardaient Tu savais lire, à travers moi, chaque pensée. Tu étais si fort et pourtant Je te berçais comme un enfant quand tu pleurais. Je t'ai fait du mal bien des fois Pourtant, toute ma vie, c'est toi que j'aimerai. Pierre, je t'aime, je n'avais que toi Mais tu n'es plus qu'une ombre qui dort auprès de moi. Lorsque je rentrais tard parfois Tu ne t'endormais pas sans moi, tu m'attendais. Tu m'as parlé toute une nuit de ce que serait notre vie, si je voulais. Un soir d'orage avant Noël Tu m'as dit qu'il faisait soleil et j'y croyais. Je me souviens, tu me disais Qu'on ne se quitterait jamais et j'y croyais. Pierre, je t'aime, je n'avais que toi Et tu n'es plus qu'une ombre qui dort près de moi. Pourquoi ces fleurs dans le jardin Cette nuit bleue illuminée par les étoiles ? Je sens que le printemps revient Mais qu'il ne me sert plus à rien qu'à me faire mal. Malgré tout, malgré le temps Je te revois rire et courir à travers champs. Ce fût mon dernier vrai printemps. Tu t'es endormi pour longtemps, pour trop longtemps. Dans un autre monde très loin Y'a parait-il un jardin, plus beau qu'ici Un grand théâtre où mon amour Joue et continue chaque jour d'aimer la vie. |