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Trois vieux papis tout vermoulus Sur un très vieux banc tout moussu, parlaient de la pluie et du temps. Par ici la terre est très dure, disait l'Arthur Même les corbeaux volent à l'envers pour ne point voir la misère. Et ta soeur, elle vole à l'endroit, répondit le Prosper Un oiseau, ça doit planer droit, c'est marqué dans le dictionnaire. Un coup, je lance ma casquette Un coup, je vais la rechercher, lâcha le Dédé Y'a les ceusses qui rient quand ils pètent Et ceusses que l'oignon fait pleurer. Trois vieilles branches toutes tordues Sur un très vieux banc tout moussu papotaient pour se faire du vent. Il n'y a point d'amour qui dure, disait l'Arthur Ça vous met le coeur en calanche, l'amour c'est pas toujours dimanche. T'as donc pas connu la Lulu, répondit le Prosper Tu vois toujours tout en austère, remémore-toi donc son joufflu. L'amour c'est un peu la galère mais il y fait bon ramer, lâcha le Dédé L'amour c'est juste un poil amer, c'est du bonbon acidulé. Trois vieux bandits encore poilus entre le vert et le chenu Se racontaient le French Cancan. Y'avait l'Arthur, y'avait le Dédé, y'avait le Prosper. La vie c'est pas de la confiture, disait l'Arthur C'est dur, des fois j'en mangerai mon galure. Tu dors comme tu fais ta litière, répondit le Prosper Plutôt que bouloter ta visière, ben, t'as qu'à manger du camembert. C'est pas que je m'ennuie, mais je me fais chier, disait le Dédé Oyé, vous me gonflez, je m'en vas rentrer pour souper. Trois vieux papis sous un platane Les deux mains sur le pommeau de la canne Le seul pépé, c'était le Dédé, oyé Les deux pépères c'étaient l'Arthur, l'Arthur et le Prosper, oyère Trois vieux papis, trois papis papotaient Papotaient pour se faire du vent. |